Déficit foncier : définition et fonctionnement

Le déficit foncier est l’un des grands leviers fiscaux de l’investissement locatif ancien. Son principe est simple : quand les charges déductibles d’un logement loué nu dépassent les loyers encaissés, le propriétaire peut imputer une partie du déficit sur son revenu global, puis reporter le solde sous conditions.

Qu’est-ce que le déficit foncier ?

Le déficit foncier apparaît lorsque les charges déductibles d’un bien loué nu excèdent les loyers encaissés. Ce mécanisme concerne les revenus fonciers déclarés au régime réel et permet, sous conditions, d’imputer une partie du déficit sur le revenu global, puis de reporter le solde éventuel.

Important

Le déficit foncier suppose une déclaration au régime réel. Le micro-foncier, qui applique un abattement forfaitaire, ne permet pas de déduire les charges pour leur montant réel.

Les 4 avantages du Déficit Foncier pour investir en 2026

En 2026, le déficit foncier reste un mécanisme particulièrement intéressant pour les investisseurs qui achètent de l’ancien à rénover et qui perçoivent déjà des revenus imposables. Son intérêt tient moins à une réduction d’impôt qu’à une déduction fiscale immédiate et à un report du surplus dans le temps.

10 700 € d’économie fiscale potentielle à activer chaque année

Un levier fiscal qui continue de produire ses effets jusqu’à 10 ans

3 ans d’engagement locatif seulement

Jusqu’à 10 700 € imputables sur le revenu global

Il s’agit de l’atout central du dispositif. La fraction du déficit foncier provenant de charges autres que les intérêts d’emprunt peut être imputée sur le revenu global dans la limite annuelle de 10 700 €. En pratique, cela permet de réduire immédiatement l’impôt sur le revenu du foyer fiscal.

Même sous 15 000 € de loyers, vous pouvez opter pour le régime réel

Le micro-foncier s’applique de plein droit lorsque les revenus fonciers bruts du foyer n’excèdent pas 15 000 €, avec un abattement forfaitaire de 30 %. Mais le propriétaire peut choisir le régime réel, précisément pour déduire ses charges réelles et, le cas échéant, créer un déficit foncier.

Jusqu’à 10 ans de report sur les revenus fonciers

Lorsque le déficit dépasse 10 700 €, ou lorsqu’il provient des intérêts d’emprunt, il n’est pas perdu : il est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. Et si le revenu global est insuffisant pour absorber la fraction imputable dans la limite de 10 700 €, l’excédent de déficit global peut encore être reporté sur les 6 années suivantes.

Un engagement de location limité à 3 ans après l’imputation

Le déficit foncier n’impose pas un blocage de 6, 9 ou 12 ans comme certains dispositifs de réduction d’impôt. En revanche, si vous imputez un déficit sur votre revenu global, le bien doit rester affecté à la location jusqu’au 31 décembre de la troisième année qui suit cette imputation.

Comment fonctionne le déficit foncier ?

Le déficit foncier ne s’applique qu’aux locations nues relevant des revenus fonciers. Son fonctionnement repose sur quatre leviers: identifier les charges déductibles, calculer le résultat foncier, appliquer les bonnes règles d’imputation, puis respecter les obligations déclaratives.

Quelles sont les charges imputables ?

Les principales charges déductibles sont prévues par l’article 31 du CGI. On y retrouve notamment les dépenses de réparation et d’entretien, certaines dépenses d’amélioration sur les logements d’habitation, les primes d’assurance, certaines impositions supportées par le propriétaire, ainsi que les intérêts et frais d’emprunt. En revanche, les dépenses de construction, reconstruction ou agrandissement ne sont jamais déductibles.

Comment le déduire ?

Le calcul se fait en deux temps. D’abord, le déficit s’impute sur les revenus fonciers. Ensuite, la part provenant des charges autres que les intérêts d’emprunt peut être imputée sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Le surplus, ainsi que la part liée aux intérêts d’emprunt, se reporte sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. En 2026, il faut aussi noter que le rehaussement temporaire à 21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique concernait les dépenses payées entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025 : il ne constitue donc pas le régime de droit commun en 2026.

Quelles sont les obligations déclaratives ?

Les revenus fonciers se déclarent sur la déclaration n° 2044, annexe à la déclaration de revenus n° 2042. Certains régimes spéciaux relèvent en revanche de la 2044-SPE, notamment les immeubles classés monuments historiques, certains immeubles détenus en nue-propriété, ainsi que plusieurs anciens dispositifs d’amortissement locatif. En SCI à l’IR (Impôt sur le Revenu), la société déclare en principe ses revenus via la 2072-S ou la 2072-C, puis les associés reportent leur quote-part dans leur propre déclaration.

Comment le calculer ?

La logique est la suivante :

Loyers encaissés – intérêts d’emprunt – autres charges déductibles = revenu foncier ou déficit foncier

Ensuite, il faut distinguer la part imputable sur le revenu global de la part uniquement reportable sur les revenus fonciers.

FAQ

Les deux stratégies ne répondent pas à la même logique fiscale. Le déficit foncier concerne la location nue et les revenus fonciers. La location meublée non professionnelle relève des BIC. En 2026, le déficit foncier permet toujours une imputation sur le revenu global dans la limite de 10 700 €, alors que les déficits de LMNP sont, eux, reportables pendant 10 ans exclusivement sur les revenus de location meublée non professionnelle.

En savoir plus

Pas pour les mêmes dépenses. Lorsque le contribuable bénéficie de la réduction d’impôt Malraux au titre de dépenses éligibles, ces mêmes dépenses ne peuvent faire l’objet d’aucune déduction pour la détermination des revenus fonciers.

En savoir plus

Oui, mais à condition d’être dans une SCI à l’IR relevant des revenus fonciers. Les règles d’imputation du déficit foncier s’appliquent aux immeubles détenus directement par une personne physique ou par une société transparente. En pratique, la SCI déclare ses revenus via la 2072, puis les associés reportent leur quote-part. À l’inverse, une SCI relevant de l’IS ne fonctionne pas selon le régime des revenus fonciers.

En savoir plus

Oui. La part du déficit excédant 10 700 €, ainsi que celle provenant des intérêts d’emprunt, est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. Et si votre revenu global ne permet pas d’absorber la part imputable dans la limite de 10 700 €, l’excédent de déficit global peut être reporté sur les 6 années suivantes.

En savoir plus

Le dispositif Jeanbrun, également appelé Relance Logement ou statut fiscal du bailleur privé, permet de pratiquer une déduction au titre de l’amortissement sur la valeur hors foncier du logement, dans la limite annuelle prévue par les textes. Comme cette déduction s’intègre au calcul des revenus fonciers, elle peut générer un déficit foncier, imputable selon les règles habituelles, notamment dans la limite de 10 700 € sur le revenu global pour la part éligible.

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