Le statut de Loueur meublé non-professionnel (LMNP)
Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) est l’un des régimes les plus utilisés par les investisseurs immobiliers en France. Il s’applique aux particuliers qui louent un logement meublé sans en faire leur activité principale. En contrepartie d’une fiscalité avantageuse au régime réel, le LMNP a connu d’importantes évolutions en 2025-2026 : réintégration des amortissements dans la plus-value à la revente, durcissement des seuils micro-BIC pour les meublés de tourisme, création parallèle du statut du bailleur privé pour la location nue. Voici l’état du dispositif en 2026.
Sommaire
Le statut LMNP et ses avantages
Le LMNP s’adresse aux particuliers domiciliés fiscalement en France qui louent un ou plusieurs logements meublés. Pour conserver le statut « non professionnel », il faut respecter deux conditions cumulatives :
- Les recettes locatives annuelles tirées de l’activité de location meublée doivent être inférieures à 23 000 €,
- OU elles doivent représenter moins de 50 % des revenus globaux du foyer fiscal.
Si l’une de ces deux conditions est respectée, vous restez en LMNP. Au-delà, vous basculez automatiquement en LMP (Loueur en Meublé Professionnel), dont la fiscalité est différente.
À SAVOIR
Ces seuils déterminent le statut, pas l’imposition. Tous les revenus issus de la location meublée sont imposables dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), quel que soit leur montant.
- En savoir plus sur la défiscalisation immobilière
Régime fiscal avantageux
Les revenus du LMNP relèvent des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux). Deux régimes coexistent :
- Le micro-BIC, simple et automatique sous certains seuils, avec un abattement forfaitaire.
- Le régime réel simplifié, plus complexe mais souvent beaucoup plus avantageux car il permet de déduire les charges réelles et de pratiquer l’amortissement du bien.
Déduction des charges et amortissements
Au régime réel, vous pouvez déduire de vos revenus locatifs : intérêts d’emprunt, taxe foncière, charges de copropriété, frais de gestion et de comptabilité, assurances, travaux d’entretien et de réparation. Vous pouvez surtout amortir le bien et le mobilier sur leur durée d’usage (en général 25 à 30 ans pour le bâti, 5 à 10 ans pour le mobilier). Ce mécanisme permet souvent de neutraliser l’imposition sur les loyers pendant 10 à 15 ans.
- En savoir plus sur l’amortissement en LMNP
Récupération de la TVA : un avantage pour les résidences de services
La récupération de la TVA à 20 % sur le prix d’acquisition n’est pas un avantage automatique du LMNP. Elle est uniquement possible lorsque le logement est situé dans une résidence de services (étudiante, seniors, affaires, tourisme classée, EHPAD) exploitée sous bail commercial et qui propose au minimum trois prestations parahôtelières (accueil, ménage, fourniture de linge, petit-déjeuner). En location meublée classique (longue durée, bail mobilité, étudiant), aucune récupération de TVA n’est possible.
Les conditions à remplir
Si comme nous l’avons vu, le statut LMNP offre de nombreux avantages fiscaux, il exige en parallèle de remplir certaines conditions.
Qui peut investir en LMNP ?
Le statut LMNP est accessible à toute personne domiciliée fiscalement en France, propriétaire d’un bien immobilier qu’elle souhaite louer meublé. La sous-location n’ouvre pas droit au statut. Depuis le 1er janvier 2020, l’inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) n’est plus un critère de distinction LMNP/LMP : seul le critère financier (23 000 € OU 50 % des revenus du foyer) est désormais pris en compte (loi de finances 2020, art. 155 IV CGI).
Vous devez en revanche déclarer votre activité auprès de l’INPI via le formulaire P0i pour obtenir un numéro SIRET, que vous soyez au micro-BIC ou au régime réel.
Les conditions liées au logement
Le logement doit respecter :
- Les critères de décence définis par le décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 (surface minimale d’une pièce principale de 9 m², hauteur sous plafond supérieur ou égal à 2,20 m, équipements sanitaires, etc.).
- Les équipements obligatoires d’un meublé fixés par le décret n°2015-981 du 31 juillet 2015 (loi Alur) .
- Les obligations énergétiques : depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE sont interdits à la location, les F le seront au 1er janvier 2028, les E au 1er janvier 2034 (loi Climat et Résilience).
Les équipements et meubles obligatoires
Pour tout bail signé sous le statut LMNP, le logement doit comprendre au minimum les équipements et meubles suivants :
- Une literie,
- Un four ou un four à micro-ondes,
- Un réfrigérateur,
- De la vaisselle,
- Des ustensiles de cuisine,
- Une table et des chaises,
- Des luminaires,
- Des espaces de rangement,
- Du matériel d’entretien ménager adapté aux caractéristiques du logement (aspirateur, balai, serpillière, etc.).

Fiscalité de la LMNP : régime micro-BIC et régime réel
Les revenus du LMNP sont déclarés dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Deux régimes coexistent.
Le micro-BIC : simplicité et abattement forfaitaire
Le micro-BIC s’applique automatiquement sous certains seuils, avec un abattement forfaitaire censé couvrir l’ensemble des charges. Depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024 (« loi anti-Airbnb ») et la loi de finances pour 2025, les seuils ont été profondément remaniés :
| Type de location meublée | Plafond de recettes (revenus 2026) | Abattement |
|---|---|---|
| Location longue durée (bail classique, étudiant, mobilité) | 83 600 € | 50 % |
| Meublé de tourisme classé (Atout France, 1 à 5 étoiles) | 83 600 € | 50 % |
| Meublé de tourisme non classé (Airbnb sans classement) | 15 000 € | 30 % |
| Chambres d’hôtes | 188 700 € | 71 % |
Au-delà de ces seuils, le passage au régime réel devient obligatoire.
Le régime réel simplifié : la déduction des charges et de l’amortissement
Sous ce régime, le propriétaire peut déduire toutes les charges réelles liées à l’activité (intérêts d’emprunt, taxe foncière, assurances, frais de gestion, comptabilité, travaux, etc.) et amortir le bien et le mobilier.
À SAVOIR
Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente. Concrètement, le prix d’acquisition retenu pour la plus-value est minoré du montant des amortissements pratiqués, ce qui augmente l’imposition au moment de la cession. Les résidences de services (étudiantes, seniors, EHPAD) restent exonérées de cette réintégration.
Au régime réel, l’option doit être levée auprès du service des impôts (formulaire 1447-C ou option électronique). Le passage est irrévocable pendant un an mais peut être reconduit tacitement.
En savoir plus sur choisir son régime d’imposition en LMNP
Comment déclarer ses revenus fonciers en LMNP ?
Pour déclarer vos revenus fonciers en LMNP, vous devrez remplir certaines déclarations fiscales. Voici les principaux documents à utiliser :
- Au micro-BIC : la déclaration est intégrée à la déclaration de revenus annuelle (formulaire 2042-C-PRO, case 5ND pour la longue durée).
- Au régime réel : vous devez déposer chaque année une liasse fiscale (formulaires 2031-SD et 2033-A à 2033-G) auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE). Le résultat est ensuite reporté sur la déclaration 2042-C-PRO.
Le recours à un expert-comptable est fortement recommandé au régime réel. Ses honoraires sont déductibles et les LMNP au régime réel inscrits dans un Centre de Gestion Agréé (CGA) bénéficiaient jusqu’en 2022 d’une réduction d’impôt, celle-ci a été supprimée.
- À lire également : comment calculer le déficit foncier ?
LMNP et statut du bailleur privé : quelle articulation en 2026 ?
Le LMNP n’est pas le seul dispositif en 2026 pour optimiser un investissement locatif. Il coexiste avec le statut du bailleur privé, depuis sa création par la loi de finances pour 2026.
Les deux dispositifs ne sont pas cumulables sur un même bien, mais peuvent l’être pour des biens distincts au sein d’un même foyer fiscal :
| Critère | LMNP (régime réel) | Statut du bailleur privé (Jeanbrun) |
|---|---|---|
| Type de location | Meublée | Nue |
| Mécanisme fiscal | Amortissement BIC + charges déductibles | Amortissement déductible des revenus fonciers |
| Taux d’amortissement | 2,5 % à 4 % selon les composants (bâti, mobilier, travaux) | 3 % à 5,5 % par an selon le type de loyer |
| Plafond annuel | Pas de plafond | 8 000 € à 12 000 €/an par foyer fiscal |
| Engagement de location | Aucun | 9 ans minimum |
| Loyer plafonné | Non (sauf zone tendue) | Oui (intermédiaire / social / très social) |
| Réintégration plus-value | Oui (sauf résidences de services) | Oui |
| Période d’éligibilité | Permanente | Acquisitions jusqu’au 31 décembre 2028 |
Le LMNP reste plus souple (aucun engagement de durée, loyer libre, accessible partout en France). Le statut du bailleur privé permet de meilleurs taux d’amortissement mais en échange de loyers plafonnés.
- En savoir plus sur le statut du bailleur privé (dispositif Jeanbrun)