Conseils
Maeva FLORICOURT
17 Avr 2026
5min de lecture
Tout savoir sur le diagnostic de performance énergétique (DPE)

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu un passage incontournable en immobilier : il informe sur la consommation d’énergie d’un logement et sur ses émissions de gaz à effet de serre, via des étiquettes de A à G. C’est aussi un outil très utile pour préparer une rénovation : il aide à repérer les postes les plus énergivores et à prioriser les améliorations.
Qu’est-ce que le diagnostic de performance énergétique ?
Le DPE renseigne sur la performance énergétique et climatique d’un logement (ou d’un bâtiment). Notamment dans le cadre d’un investissement locatif avec rénovation, il évalue la consommation d’énergie (estimée selon une utilisation standard) et l’impact climatique via les émissions de GES. Le résultat se présente sous forme d’étiquettes allant de A (très performant) à G (très énergivore), avec un repérage clair des passoires énergétiques (souvent associées aux classes F et G). Un DPE inclut aussi :
- Une estimation des coûts annuels d’énergie (fourchette),
- Des informations sur l’enveloppe (déperditions) et le confort d’été,
- Des recommandations (usage, entretien et travaux à valeur indicative).
Quelles sont les évolutions récentes du DPE ?
Le DPE s’appuie sur une réglementation qui évolue pour gagner en fiabilité et en lisibilité.
Un DPE refondu et opposable depuis le 1er juillet 2021
Depuis le 1er juillet 2021, le DPE a été refondu et n’est plus seulement informatif : il est pleinement opposable, c’est-à-dire qu’il a une portée juridique comparable aux autres diagnostics (hors recommandations de travaux, qui restent indicatives). Il est donc indispensable de conserver les preuves des travaux (factures, descriptifs, notices, etc.) pour qu’ils soient correctement pris en compte.
Petites surfaces : des seuils ajustés depuis le 1er juillet 2024
Depuis le 1er juillet 2024, les logements de moins de 40 m² bénéficient de seuils d’étiquettes adaptés. Une attestation peut être téléchargée via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME pour les DPE déjà réalisés (selon les cas).
Au 1er janvier 2026 : évolution du calcul pour l’électricité
Au 1er janvier 2026, le calcul du DPE a évolué avec l’abaissement du coefficient de conversion de l’électricité (réforme actée par l’arrêté du 13 août 2025). Cette évolution peut améliorer l’étiquette de certains logements chauffés à l’électricité. Les DPE déjà édités restent valables et une mise à jour gratuite peut être possible via l’Observatoire DPE-Audit pour les diagnostics concernés.
Loi Climat et Résilience : un DPE au cœur des obligations (location et collectif)
La loi Climat et Résilience s’inscrit dans une montée en puissance des exigences concernant le bâti :
- Gel des loyers pour les logements très énergivores dans certaines situations,
- Interdiction progressive de mise en location des logements les moins performants (notamment G, puis F, puis E selon le calendrier prévu).
Elle impose aussi progressivement un DPE à l’échelle du bâtiment pour l’habitation collective, selon un calendrier échelonné (déjà engagé pour les grandes copropriétés et étendu aux copropriétés de moins de 50 lots en 2026).
Quand est-il nécessaire de réaliser un DPE ?
Le DPE est obligatoire dans plusieurs situations.
- En cas de vente d’un logement ou d’un bâtiment : sauf exceptions prévues par le Code de la construction et de l’habitation, le DPE est obligatoire lors d’une vente. Il s’intègre dans le dossier de diagnostic technique (DDT) annexé à l’avant-contrat ou à l’acte. Le DPE doit être tenu à disposition des candidats acquéreurs dès la mise en vente.
- En cas de mise en location : le DPE est également requis lors de la signature d’un contrat de location (hors exceptions). Il fait partie du DDT annexé au bail.
- Pour un bâtiment neuf : le DPE est obligatoire pour les bâtiments neufs (DPE neuf / construction), à l’initiative du maître d’ouvrage, avec remise à l’acquéreur.
- En habitation collective : la loi Climat et Résilience rend obligatoire un DPE à l’échelle du bâtiment selon un calendrier progressif (déjà engagé depuis 2024/2025 selon la taille et étendu aux copropriétés de moins de 50 lots en 2026).
- Pour publier une annonce immobilière conforme : les annonces de vente/location soumises au DPE doivent afficher au minimum les classements énergie et climat et la mention « logement à consommation énergétique excessive » si le bien est classé F ou G, ainsi qu’une fourchette de dépenses énergétiques.
Comment est réalisé le DPE ?
Le DPE doit être réalisé par un diagnostiqueur professionnel indépendant, répondant à des critères de certification et disposant d’une assurance professionnelle. Pour fiabiliser le diagnostic (et valoriser d’éventuels travaux), il est recommandé d’envoyer en amont un maximum d’informations : caractéristiques du logement, systèmes de chauffage, preuves de travaux, factures, etc.
Concrètement, le diagnostiqueur relève les données nécessaires : enveloppe (murs, toiture, menuiseries), équipements (chauffage, eau chaude, ventilation, etc.), surfaces et caractéristiques utiles au calcul réglementaire.
Important
Cas du collectif : le DPE immeuble peut s’appuyer sur la visite de l’ensemble des logements ou d’un échantillon représentatif (avec extrapolation), selon les règles prévues.
Le diagnostiqueur doit ensuite transmettre le DPE à l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, qui délivre un numéro d’identification (sans ce numéro, le DPE n’est pas valable). Enfin, dernière étape, le propriétaire reçoit le DPE (et, en complément, le format xml peut être fourni pour faciliter la transmission aux entreprises de travaux).
Combien coûte un DPE ?
Le tarif du DPE n’est pas réglementé : il varie selon la surface, la localisation, le système de chauffage et le professionnel choisi. L’approche la plus sûre est de demander plusieurs devis. En pratique, beaucoup de propriétaires constatent des devis autour de 100 à 250 € pour un logement, mais ce n’est qu’un ordre de grandeur : une maison ou un bien complexe peut coûter davantage.
Quels sont les travaux de rénovation à réaliser pour améliorer le DPE ?
Améliorer un DPE implique généralement de combiner travaux sur l’enveloppe, la ventilation et les systèmes. L’objectif est en effet de réduire les déperditions, de consommer moins et parfois aussi de diminuer les émissions.
Priorité : isoler les zones qui fuient le plus
Dans une maison, les pertes de chaleur proviennent souvent en premier lieu de la toiture (souvent donnée comme premier poste), puis des murs, enfin des fenêtres et des portes. Dans ce cas, les actions à privilégier sont :
- L’isolation des combles et/ou de la toiture,
- L’isolation des murs (intérieure ou extérieure selon contraintes),
- Le remplacement des menuiseries (si pertinent), traitement de l’étanchéité à l’air.
Ne pas oublier la ventilation pour le confort et la qualité d’air
Isoler sans cibler la ventilation peut créer inconfort et humidité : une VMC performante et un bon renouvellement d’air sont souvent indispensables dans une rénovation cohérente (et peuvent aussi jouer sur le confort d’été).
Optimiser ou remplacer le chauffage et l’eau chaude
Après l’isolation, on dimensionne et on optimise les équipements :
- Amélioration de la régulation (thermostats, robinets thermostatiques),
- Isolation des réseaux (calorifugeage),
- Remplacement d’un système ancien par une solution plus performante, adaptée au logement.
Important
Le DPE contient des recommandations de travaux, mais elles gardent une valeur indicative. Pour une rénovation ambitieuse (ou un logement très énergivore), un audit énergétique peut être utile pour définir un plan de travaux plus détaillé.
En savoir plus sur l’investissement locatif avec rénovation
Investissement locatif dans une passoire thermique
La rénovation globale d’un logement
Les travaux pour améliorer son système de chauffage
Les travaux pour améliorer le système de production d’eau chaude
Les travaux pour améliorer l’isolation
Les travaux pour améliorer le système de ventilation
Qu’est-ce qu’un audit énergétique ?